Lille - Hospice Gantois

Hospice Gantois de Lille

Protection
Hospice classé Monument Historique (arrêté du 8 août 1923). Façade et toitures des immeubles aux numéros 228, 230 et 232 (maisons de louage de l'hospice) classées Monuments Historiques (arrêté du 31 août 1967).

Bref aperçu historique…

L'Hospice Gantois a été fondé en 1460 par jean de la Cambe, originaire de Gand d'où la dénomination de cet établissement initialement dédié à Saint-Jean-Baptiste.

L'acte de donation de l'Hospice Gantois prévoit l'installation d'un hôpital dans une demeure appartenant à ce riche bourgeois de Lille. Cette fondation est prévue pour " treize anciennes gens décrépités et débiles, hommes ou femmes ", au moins sexagénaires, originaires de Lille ou de sa chatellerie. Le soin des pensionnaires est confié aux Sœurs de Saint-Augustin (6 à 8).

Progressivement, l'importance de l'Hospice Gantois s'accroît en raison de nombreuses donations. On lui permet de nouvelles constructions en 1664 et 1672. Celles-ci complètent la belle salle des malades.

Une partie de la prospérité de l'Hospice découle de l'importance de reliques conservées dans la chapelle et qui suscitent une importante fréquentation (le bienfaiteur, décédé en 1496, demandera d'être inhumé sous le seuil de la chapelle).

Après le Révolution française, la commission administrative des hospices civils de Lille procèdera à une réduction du nombre des établissements charitables. Gantois sera l'un des six subsistant à Lille (Comtesse, Saint-Sauveur, l'Hôpital général, les Madelonnettes et Stappaert).

L'Hospice Gantois jusque 1939
La communauté religieuse est réinstallée en 1816. Un nouveau règlement est mis en vigueur en 1841. Pour être admise dans l'institution, une postulante doit avoir au moins 70 ans, être née à Lille et y avoir résidé au moins 5 ans (pour celles nées hors de la ville, il faut y avoir habité 15 ans), avoir payé une patente et être dans un état de santé interdisant " une activité permettant de subvenir à ses besoins ". Un médecin et un chirurgien sont attachés à l'hospice à partir de 1796. Leur activité est assez limitée et le service sera réduit à un seul médecin en 1872.
L'Hospice Gantois sera classé Monument historique en 1923.
Si la guerre de 1914-1918 n'entraîne pour Gantois que le retentissement sanitaire de dramatiques restrictions alimentaires (avec la surmortalité qui en est la conséquence pour la population âgée), la deuxième Guerre Mondiale est responsable de changements spectaculaires. L'établissement est réquisitionné par la police sanitaire de l'armée d'occupation : filles et femmes de nationalité non allemande, responsables de la contamination vénérienne d'un militaire y sont internées d'office jusqu'à guérison.

L'après-guerre
Après la Libération, l'Hospice Gantois retrouve sa vocation d'origine mais doit héberger les " entrantes " du Centre Anti-Cancéreux dont les bâtiments provisoires étaient insuffisants pour accueillir tous les patients. Cette cohabitation durera jusqu'à l'emménagement du Centre Oscar Lambret dans ses locaux actuels (1953).

En 1989, la responsabilité de la gestion a été transférée à la ville de Lille. La Maison d'accueil pour Personnes Âgées (M.A.P.A.) peut héberger à l'Hospice Gantois 120 retraités. Cette situation prend fin en juin 1995 avec le départ définitif des personnes hébergées.

En l'an 2000, le CHRU de Lille le cède dans le cadre d'un bail emphytéotique de 60 ans à une société hôtelière pour réaliser un hôtel 5 étoiles de luxe : l'Hermitage Gantois.

Photographies :

  • Façade de l'Hermitage Gantois
  • Détail de la porte d'entrée de l'Hospice Gantois