Lille - Hospice Comtesse

Hospice Comtesse de Lille

Protection 

Bâtiments du 15ème et du 17ème siècle classés Monuments historiques (décret du 14 avril 1923) ; façades et toitures de l'ensemble des autres bâtiments classés Monuments historiques (arrêté du 26 février 1991)

Historique
Jeanne de Constantinople, comtesse de Flandre, fonda en 1237 dans l'enceinte de son propre palais un hôpital qu'elle dota richement. De l'établissement primitif réservé aux malades pauvres, aux pèlerins et aux passants, il ne reste rien, un incendie dans la nuit du 11 avril 1468 l'ayant entièrement détruit.
La salle des malades fut reconstruite entre 1468 et 1472 et le rez-de-chaussée du bâtiment de la communauté religieuse entre 1477 et 1482.
Suite à un nouvel incendie, le 17 mars 1649, qui détruisit la chapelle et certains bâtiments conventuels, on édifia le bâtiment bordant la rue de la Monnaie (1649-1650), on éleva ou reconstruisit l'étage du bâtiment de la communauté pour abriter le dortoir des soeurs(1649-1652), puis de 1652 à 1657 on termina les travaux en bâtissant une nouvelle chapelle rehaussée et séparée de la salle des malades par un jubé suivant les recommandations du Concile de Trente. La cour d'honneur fut fermée par un dernier bâtiment achevé en 1724.
A la Révolution française, les malades furent transférés à l'hôpital Saint-Sauveur. L'hôpital Comtesse, appelée ainsi en souvenir de sa fondatrice, fut transformé en hospice pour vieillards et en orphelinat, dit des Bleuets. Désaffecté en 1939, l'hôpital fit l'objet en 1943 d'un bail emphytéotique entre la municipalité lilloise et l'administration des hospices qui stipulait l'obligation de le transformer en musée. Aujourd'hui, il présente la vie sociale et culturelle à Lille et dans les Pays-Bas aux 17ème et 18ème siècles.

Hospice Comtesse de Lille
Architecture 
On accède à la cour d'honneur par un passage couvert d'une superbe voûte d'ogives en brique aux nervures de pierre blanche. Au-dessus s'élève une tour quadrangulaire en brique. Le bâtiment attenant au passage évoque l'hôtel lillois de la Renaissance et se remarque par l'alternance de fenêtres étroites sans meneaux et d'autres à croisées de pierres, et par ses nombreuses portes étroites.
A l'est, s'élève le bâtiment de la communauté : le rez-de-chaussée, polychrome par ses matériaux (grès, brique et pierre) s'oppose à l'étage percé de manière régulière par des baies identiques. On peut encore visiter la cuisine dont les murs sont couverts de carreaux de faïence lilloise, et son arrière-cuisine, la salle à manger, les appartements de la prieure.
Au nord, la salle des malades s'impose comme une vaste salle oblongue en pierre de Lezennes, couverte d'un berceau lambrissé. D'une sobriété décorative, cette salle lumineuse se prolonge par la chapelle, plus tardive, à vaisseau unique coiffé d'une charpente lambrissée à caissons, décorée d'armoiries par un ancien orphelin de l'hospice en 1853. La cour est fermée à l'ouest par le pavillon en pierre de 1724, construit dans le style classique français.


Bibliographie
  • Paul GELIS, L'hospice Comtesse de Lille, Congrès Archéologique de France, Flandre, 1962, vol.120, p.186-192
  • Aude CORDONNIER, Musée de l'Hospice Comtesse : miroir de Lille et des Pays-Bas (13ème-20ème siècle), Editions Castermans, Tournai, 1994, 176 p.

Photographies :
  • Cour intérieure de l'Hospice Comtesse
  • Galerie voûtée