Lille - Hôpital Saint-Sauveur

Pavillon Saint-Sauveur de Lille

Protection

La façade et la galerie voûtée du pavillon Saint-Sauveur sont classées Monuments Historiques (décret du 23 août 1923). L'ensemble des façades et des couvertures, hormis les parties classées, est inscrit à l'inventaire supplémentaire (arrêté du 14 février 1962).

Historique
Le chanoine de la Collégiale Saint-Pierre, Jean Martin, fonde un asile de six lits pour les malades pauvres. Il sera détruit en 1213 lors de l'incendie de Lille par Philippe Auguste.

En 1215, cet asile renaît grâce à la générosité de Jeanne de Constantinople qui fonde l'hôpital Saint-Sauveur en bordure sud des remparts de Lille. Il abrite seulement huit lits. En 1219, attenant à l'hôpital, un oratoire est construit pour les religieuses Augustines chargées de l'accueil et des soins. C'était la construction religieuse la plus ancienne de Lille jusqu'à sa destruction en 1960. Après 1393, elles font bâtir la chapelle principale dans l'axe de la salle des malades, à son extrémité orientale.

En 1668, pour la première fois un chirurgien et un médecin sont engagés à l'hôpital qui est agrandi par la construction de la salle Saint-Louis entre 1699 et 1702. Dès la fin du XVIIème siècle, il peut accueillir vingt à trente patients. Depuis sa création, l'Hôpital reçoit de nombreux dons et legs et il est exempté de certaines taxes. En 1702, une vingtaine de personnes y travaille et il accueille quarante patients. Il devra recevoir jusqu'à 160 patients en 1708 lors du siège de Lille. Il recevra également les blessés de la bataille de Fontenoy (1745).

Au XVIIIème siècle, c'est le principal hôpital actif de Lille. De 1727 à 1734, une des ailes de la cour d'honneur est rebâtie ; une autre, l'actuel pavillon Saint-Sauveur reçoit sa décoration.

Pendant la Révolution Française, la communauté de religieuses est dissoute, elles sont expulsées et remplacées par des administrateurs laïcs. La Commission Administratives des Hospices Civils, créée en 1796, décide de réunir les seize établissements charitables et les quatre hospices de la ville par soucis d'économie. Les revenus et charges de l'Hospice Comtesse sont affectés à l'Hôpital Saint-Sauveur qui devient ainsi le principal établissement hospitalier de Lille.

Dans la nuit du 28 au 29 mars 1896, un incendie dans le clocher de l'église voisine se propage à l'hôpital et détruit une grande partie des bâtiments rapidement reconstruits.

En 1902, il accueille 360 lits mais il ne peut pas s'agrandir davantage. Suite à la construction de la Cité hospitalière, tous les services de l'Hôpital Saint-Sauveur y seront transférés. En 1958 l'hôpital ferme définitivement. En 1960 il est détruit entièrement à l'exception du pavillon Saint-Sauveur, siège actuel de la Fondation de Lille.

Architecture
Cet hôpital était constitué d'une salle des malades prolongée par une chapelle, d'un oratoire attenant au nord et de deux cours rectangulaires au sud dont la cour d'honneur. A l'est, trois corps de bâtiments étaient disposés autour d'une vaste cour trapézoïdale. Le dortoir des filles publiques était détaché de l'hôpital à l'est.

Le pavillon Saint-Sauveur est un bâtiment en brique et en pierre à trois niveaux, caractéristique de la région. Au rez-de-chaussée, il reste une galerie de cloître aux voûtes en brique donnant sur la cour d'honneur par six arcades. Au premier étage, la façade est rythmée par des pilastres en pierres de Lezennes surmontés de chapiteaux ioniques et de cartouches, et par des grandes fenêtres aux encadrements de pierre, rehaussées par des guirlandes et des oculi tressés de feuilles.

Bibliographie
  • Dr Alain GERARD, Chronique illustrée d'un siècle de vie à l'hôpital Saint-Sauveur (1815-1914), Bulletin de la Commission historique du Département du Nord, tome XLIV, 1987-1988.
  • Dr Alain GERARD, L'hôpital Saint-Sauveur à Lille 1215-1960, NPN Médecine, n°189 novembre 1992 -   n°190 décembre 1992.
  • Marie-Hélène COSTES, L'hôpital Saint-Sauveur au Moyen-Age, Lille, mémoire, 1970.

Photographies :
  • Façade du Pavillon Saint-Sauveur
  • Galerie voutée