Douai - Hôpital Général

Hôpital général de Douai

Protection
hôpital inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments historiques (arrêté du 1° avril 1946)

Historique
Suite à une première ordonnance en mars 1750 qui empêchait la mendicité dans les châtellenies de Lille, Orchies et Douai, Louis XV délivra le 2 juin 1752 à la ville de Douai des lettres patentes autorisant la création d'un hôpital général. Les biens de 23 fondations charitables furent réunis pour financer la construction de cet établissement destiné à enfermer tous les indigents de Douai à la périphérie de la ville.
Le 22 juillet 1756, Georges-Joseph Durand, entrepreneur de fortifications du roi, posa la première pierre de l'hôpital dessiné par l'architecte Michel-François Player. Le gros-oeuvre fut achevé en 1761. Dès 1787, les infirmeries insalubres et vétustes et quatre maisons achetées en face de l'hôpital furent détruites. La reconstruction des infirmeries d'après les plans de l'architecte Voisin, débuta le 6 mars 1788, fut interrompue à la Révolution et ne reprit qu'en 1804 jusqu'en 1806.

Hôpital général de Douai
Architecture 
D'une régularité remarquable, le plan de l'hôpital dessine une croix inscrite dans un rectangle de 132 mètres de long sur 70 mètres de large. Les bras de la croix délimitent quatre cours intérieures, chacune dévolue à une catégorie de pensionnaires : vieillards hommes et femmes, orphelins filles et garçons. L'hôpital est précédé d'une cour d'honneur entourée par les bâtiments d'infirmerie.
Le centre de la croix forme un octogone occupé au rez-de-chaussée par la cuisine, appelée la " Tour-au-Pain ", par la chapelle à l'étage. La cuisine donne sur les réfectoires logés dans les bras de la croix, la chapelle sur les oratoires, les dortoirs et les ouvroirs des pensionnaires. La voûte annulaire en brique de la cuisine est soutenue par un superbe pilier central en grès.
La construction est en brique sauf les avant-corps des façades principales sur la rue et sur la cour d'honneur en pierres de taille. Sculpté par le douaisien Théophile Bra en 1835, le fronton de la grande porte met en scène la Charité couvrant de son manteau les pauvres, vieillards et orphelins de la cité accueillis à l'hôpital.

Bibliographie
  • A. BRASSART, Notes historiques sur les hôpitaux et les établissements de charité de la ville de Douai, 1842
  • Frédéric LEBLOND / Stéphanie WIART, L'hôpital général de la Charité de Douai de 1752 à 1789, mémoire, Université de Lille, 1993.

Photographies :
  • Fronton de l'Hôpital de Douai
  • Cheminée et marmite à soupe de la salle de la tour à pains. Un escalier permet d'accéder sous la marmite pour y brûler le bois de chauffage